Le complexe de la complexée

La confiance en soit est un sujet qui concerne tout le monde : que vous en ayez beaucoup où pas du tout, il y a forcément un moment dans votre vie ou vous vous êtes senti ou vous vous sentirez moins bien dans votre peau. Peut-être que comme moi vous travaillez depuis longtemps pour avoir une meilleur image de vous-même avec plus où moins de réussite 😅

Body positive

Depuis quelques temps est apparu sur les réseaux sociaux, un mouvement en faveur de l’acceptation de soi et contre les dictâtes corporels véhiculés par la société envers les femmes principalement. Vous en avez sans doute entendu parler, cela s’appelle le « body positive ». Le fait de mettre en avant toutes sortes de femmes sans chercher à cacher ce qui est gommé d’habitude. Montrer aux femmes qu’elles doivent s’aimer comme elles sont mais plus encore, qu’elles sont belles comme elles sont. Et je dois dire que pour la complexée viscérale que je suis, ça a été une bouffée d’air frais. Voir apparaître sur Instagram de belles photos de femmes avec des vergetures,, des rondeurs et de la cellulite, c’était complètement inédit ! J’ai toujours eu un regard extrêmement critique et des critères très précis sur ce qu’était pour moi, un corps idéal. Il y a quelques années, je n’aurais pas aimé voir ces photos. Je les aurais trouvées laides et même un peu vulgaires, je me serais sentie gênée par ces représentations disgracieuses et marquées. Mais à présent, j’arrive à voir la beauté dans les formes et dans les plis. Ça a été un travail de longue haleine, j’ai dû m’entraîner à avoir une vision différente, à mettre de côté les images de mannequins victorias secret avec lesquels j’avais grandiesSi seulement on m’avait appris tout ça plus tôt… si seulement je n’avais pas attendu d’avoir 30 ans pour entamer ce processus qui consiste à trouver de la beauté ailleurs qu’a travers des plastiques lisses et longilignes.

Source : torridboudoir

Puisque la société formate notre perception du corps, à nous de la modifier et de nous libérer de ces images toxiques non?

Comment ? 

Aujourd’hui nous sommes tous sur des réseaux comme Instagram ou le culte de la beauté et de la perfection est poussé à son paroxysme. Beaucoup de comptes très suivis proposent des photos totalement irréelles de visages figés et de corps mis en scène dans des positions sans aucun naturel dans le but de faire rêver le public. Je pensais avoir le recul nécessaire pour pouvoir être soumise à ces images sans en subir l’influence, mais je me suis rendue compte petit à petit que ce n’était pas possible et que ça ne faisait qu’empirer mon rapport à moi-même et à ce qui pour moi était harmonieux.

J’ai donc décidé de supprimer ces comptes superficiels et sans saveur et ça m’a fait un bien fou ! Cela peut paraître bête, mais s’entourer des bonnes images et avoir un environnement visuel plus sain, fait que votre cerveau sera soulagé de ne plus être continuellement confronté à un seul type de physique qui en plus ne correspond pas à la plupart d’entre nous. Comme on essaye d’éduquer les enfants en leur montrant qu’il y a toute sorte de personnes, des grands, des petits, des gros, des maigres et que tous sont uniques et parfaits dans leur individualité. Et bien si vous cessez de voir ces différences et que vous êtes continuellement cerné d’images aseptisées et corrigées, vous finirez par croire que c’est la réalité, le seul exemple à suivre et vous ne serrez jamais satisfait de votre apparence.

Le body positive est évidemment une superbe évolution qui je l’espère prendra de l’ampleur. Mais en marge de tout ça, j’ai été extrêmement déçue de voir que pour beaucoup de gens, il y a des complexes qui sont justifiés et légitimes et d’autres non. Certaines influenceuses se sont fait complètement pourrir sur les réseaux parce que les gens considéraient qu’elles n’avaient pas à utiliser le body positivisme puisqu’elles étaient trop minces pour cela. A nouveau, un mouvement qui était sensé faire évoluer les mentalités, créait un clivage entre les femmes donnant le droit à certaines de parler de leurs angoisses et de leurs blessures et à d’autres non.

Quel dommage… pourtant ce n’est pas parce que vous jugez qu’une personne n’a pas à être complexée qu’elle n’a pas le droit de l’être. Nous devrions toutes nous comprendre et nous entraider au lieu de nous tirer vers le bas et de nous jalouser les unes les autres. Une souffrance reste une souffrance, peut importe le sujet, si elle existe, il faut la prendre en compte et la respecter. Il n’y a pas de « vraie femme » sous-entendu, si vous n’avez pas de formes où que vous faites attention à votre ligne, vous n’avez pas le droit à la parole, pas le droit d’être mal dans votre peau.

Mais ce que j’ai aussi découvert il y a peu, c’est que même si le body positivisme présente de nombreux points positifs, il faisait émerger une nouvelle obligation pour les femmes : celle de s’accepter à tout prix. Je n’osais plus dire aux gens que j’étais au régime ou que j’étais complexée par ceci ou cela, que j’avais passé deux heures dans la journée à pleurer parce que j’avais pris 3 kg etc Comme si on avait remplacé un dictât par un autre : l’acceptation coûte que coûte. Le devoir de s’aimer et de montrer l’image d’une femme positive et qui ne se lamente jamais sur ses petits défauts. 

Source : So Healthy

Body neutrality

En faisant quelques recherches, je suis tombée sur un nouveau système de pensée qui fait suite à celui du body positivisme, celui du « body neutrality » : un nouveau courant qui nous aide à accepter notre corps comme il est, sans pour autant se forcer à l’aimer. Il s’agit là de se concentrer sur les réalisations mentales plutôt que sur l’esthétique se focaliser sur ses sentiments et moins sur son apparence. Ce nouveau mouvement n’en est qu’à son commencement et je n’ai pas encore de recule sur son évolution ou l’utilisation qui en sera faite, mais le principe me plaît assez (si on ne tombe pas non plus dans la négation du corps ce qui serait contre productif à mon sens). Je vois plus cela comme une sorte de zone neutre entre l’acceptation de soi et le droit d’avoir des complexes. 

En résumé : pour être plus heureuse et plus épanouie, il faut apprendre à s’accepter et à s’aimer, mais s’il y a des jours sans, ce n’est pas grave. Lâchez vous la grappe, sachez reconnaître vos qualités, qu’elles soient physiques ou intellectuelles, pensez-y quand vous perdez confiance. Au lieu de constamment vous concentrer sur ce qui ne vas pas chez vous, concentrez-vous sur ce que vous aimez chez vous. Mais vous n’êtes pas obligée d’être à l’aise et sûre de vous tout le temps. Vous avez le droit au doute et à la remise en question. Si vous avez envie de perdre quelques kilos ou d’être plus musclée, c’est votre droit aussi. Tant que ces désirs ne sont pas poussés à l’extrême, qu’il sont fait avec intelligence et que donc ils ne deviennent pas dangereux, ils peuvent être positifs aussi.

J’espère qu’un jour on n’essaiera plus de formater la perception qu’on les femmes d’elles-mêmes. De les pousser à penser comme ceci ou comme cela, qu’on les laissera juste exister pour ce qu’elles sont sans être obligée de se positionner sur tel ou tel courant de pensée, dans telle ou telle catégorie de personne. J’espère que le regard des gens finira par s’adoucir et que l’on cessera de juger l’autre sur son apparence. En attendant un changement profond de la société qui je l’espère est en marche et que nous devons tous encourager, soyons simplement fières et conscientes de nos qualités et modérément préoccupées par nos défauts. Faites de votre mieux! 

Je vous recommande le blog de Diglee  qui est une illustratrice que j’adore et qui traite de ce genre de sujets entre autre.

Je vous conseil également de vous abonnez à des pages Instagram comme celle de : OnVeutDuVrai qui fait du bien au moral avec de super belles photos et des punchlines efficaces 😉

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