Ma vie sans viande

Il y a des décisions qui sont plus difficiles à prendre que d’autres. Parce qu’on ne sait pas par où commencer, parce qu’on pense que ce sera trop difficile, parce qu’on a peur des réactions des gens etc

Il y a quelques mois, j’ai acheté le livre d’Hugo Clément : « Comment j’ai arrêté de manger des animaux ». Je ne l’ai pas fait par hasard mais parce que ça faisait longtemps que j’essayais de me décider à arrêter de manger de la viande. Il y a bien des livres qui vous motivent à arrêter de fumer alors je me suis dit que celui-là m’aiderait peut-être à me lancer. Je savais que regarder une ou deux vidéos sur les abattoirs serait sûrement l’électrochoc dont j’avais besoin mais c’était au-dessus de mes forces. J’ai pensé que sous forme de description écrite, ce serait moins traumatisant.

 

Je précise que tout ceci reste mon avis et mon expérience personnelle. Elle est très récente et je n’ai pas de connaissances scientifiques dans le domaine de la nutrition.

Pourquoi devenir végétarien?

Il existe une multitude de raisons à ce choix et voici celles que j’ai pu identifier : 

  • Pour avoir un régime alimentaire plus sain. Des repas plus légers, plus diversifiés, une meilleure digestion, réduire son cholestérol etc
  • Dans un souci écologique. Entre autres effet néfaste sur l’environnement (sur l’eau, les forêts etc), l’industrie bovine est très polluante et la pêche intensive a de lourdes conséquences sur la santé des océans.
  • A cause de la souffrance animale. Inutile de vous rappeler les conditions d’élevage et d’abattage terrifiantes qui sont appliquées dans nos abattoirs.
  • Parce que l’on considère que les animaux sont intelligents et doués de sensibilité et que donc on ne veut pas les manger.

Toutes ces raisons ensemble forment un plaidoyer plus que recevable sur le sujet. Pourtant, elles ne suffisaient pas à me convaincre d’arrêter totalement la viande. 

Le débat intérieur

Je savais déjà tout cela depuis longtemps mais j’arrivais à discuter chacun de ces faits les rendant finalement et tristement insuffisants à une vraie prise de décision.

  • Je suis très (même trop) préoccupée par mon poids. Cet argument me parle mais ce n’est pas parce que je ne mangerai plus de viande que je ne consommerai plus de sucre ou de gras et plus d’alcool. Contrairement à une idée répandue, végétarien ne veux pas dire light. De plus, j’ai toujours défendu le fait qu’il faut manger de tout avec modération et les théories sur le fait que l’Homme serait à l’origine herbivore sont discutables.
  • Je suis bien sûr sensible à l’écologie. A mon échelle, j’essaye de changer mes comportements quotidiens pour avoir une attitude plus responsable vis-à-vis de la planète. Mais voilà, je suis loin mais alors très loin du 0 déchet et j’ai une voiture, je prends l’avion, etc etc etc. Et même si chaque geste compte et que ce n’est pas parce qu’ils ne seront pas suffisants individuellement qu’ils ne peuvent pas changer les choses collectivement, je ne me voyais pas invoquer cette raison auprès des autres et de moi-même.
  • La souffrance animale constituait pour moi l’un des arguments clés dans ma réflexion. Je me rappelle être tombée un jour par erreur, en cliquant sur un lien que j’avais reçu par mail, sur la vidéo de coyotes dépecés vivants pour leur fourrure. J’en ai eu des frissons et les larmes aux yeux pendant des années jusqu’à ce que j’arrive à effacer ces images de ma mémoire. Mais j’arrivais encore à mettre cela de côté en achetant pas de fourrure où plus largement, en me dirigeant vers des éleveurs « responsables » qui s’occupent de leurs bêtes avec amour et considération et leur offrent de bonnes conditions de vie.

Le déclic

Le livre d’Hugo Clément a été un déclic en ce sens. Il y parle beaucoup de l’intelligence et la sensibilité animale. Je connaissais celle des chiens car c’est le premier animal dont j’ai pu apprécier « l’humanité » depuis ma plus tendre enfance mais je pensais moins à celle des animaux que je mangeais. Et le fait est que je les aime tous. Les vaches, les cochons, les moutons et tous ces êtres qui se retrouvent dans nos assiettes. Je suis aussi attendrie par un chiot que par un agneau ou un veau. Je suis convaincu de l’intelligence et de la sensibilité de toutes ces espèces (alors que je suis loin d’être convaincue de celle de tous les Hommes…). Hugo Clément explique que pendant longtemps les chercheurs ont eu pour mot d’ordre de ne pas s’attarder sur l’étude de ces animaux d’élevage de peur d’éveiller les consciences. C’est donc très intéressant de prendre connaissance des conclusions de différentes études peu connues sur le sujet et qui sont étonnantes ! Elles prouvent que les cochons, les poulets, les moutons etc ne sont pas moins intelligent que nos compagnons à 4 pattes que nous chérissons tant. Au contraire, ils réussissent souvent dans des exercices ou le chien a échoué. Le résultat de ma réflexion a été le suivant : si je suis incapable de manger un chien ou un chat car je les considère comme intelligents et sensibles, pourquoi n’en est-il pas de même avec les autres ? Je me suis trouvée terriblement hypocrite de critiquer certaines populations qui mangent nos animaux « domestiques » comme si les autres méritaient moins qu’on s’en préoccupe. De me dire sensible à la cause animale dans son ensemble tout en omettant volontairement toute une partie d’entre eux. 

« L’Homme est le seul animal qui peut être l’ami de ses victimes jusqu’à ce qu’il les dévore ».

-Samuel Butler

Les difficultés

Beaucoup de gens n’osent pas se lancer par peur de la réaction de leur entourage. Je les comprends tout à fait. Ce n’est pas toujours facile « d’imposer » à sa famille une nouvelle restriction qu’ils devront prendre en compte s’ils vous invitent. Et puis nos aînés ne sont pas vraiment fans de ce mode de pensée. J’ai préféré n’en parler qu’aux personnes les plus tolérantes de mon entourage à savoir ma mère et ma sœur. Je savais que même si elles ne seraient pas ravies de la nouvelle, elles me comprendraient et me soutiendraient. Et pour les autres, vous verrez qu’ils se montreront souvent plus ouverts que ce que vous pensiez. De toute façon l’important est que c’est VOTRE choix et qu’il faut avant tout que vous soyez en accord avec vous-même et non avec les autres. J’ai même remarqué que certaines personnes sont des végétariens contrariés qui sont embêtés de manger des animaux et qui en argumentant en faveur du flexitarisme essayent plus de se convaincre eux que vous. Je n’essaye pas de les faire changer d’avis et je les écoute avec bienveillance car je trouve cette initiative déjà louable et je n’ai pas la prétention d’être militante pour la cause. 

« On est des prédateurs! »

Celui qui chasses les barquettes de steaks hachés au Monoprix

Je fais en sorte de m’adapter à tous les menus même si cela veut parfois dire ne manger que des accompagnements. Je ne veux pas exiger des autres qu’ils cuisinent plusieurs menus et j’estime que c’est à moi de prévoir si besoin. Si on me demande les raisons de mon choix, je les donne tout simplement comme je suis entrain de le faire dans cet article. Il y aura toujours des gens pour vous dire que vous allez avoir des carences, que nous sommes des êtres carnivores, qu’il faut manger de tout… si vous vous en sentez le courage et les ressources vous pourrez contrer leurs arguments et de toute façon ils se valent tous d’un côté comme de l’autre. L’important est avant tout que vous soyez intimement convaincu du bien fondé de votre démarche et c’est grâce à cela que vous ne serez pas hésitant ou découragé à la première réflexion.

Ce qui m’a le plus frappé de ma courte expérience de végétarienne débutante, c’est la réputation qui en découle. Pour beaucoup de gens, les végétariens sont des personnes tristes, ennuyeuses, moralisatrices, fades, qui ont mauvaise mine etc C’est totalement faux bien sûr mais attendez-vous tout de même à ce qu’on vous serve ce genre de clichés. Certaines personnes ont besoin de rabaisser et de ridiculiser les autres de manière excessive par manque de confiance en eux, laissez-les faire, ils se fatigueront tout seuls 😉

Le bilan

Pour le moment tout se passe bien et je trouve toujours des alternatives à la viande. Même si occasionnellement certaines odeurs me font envie, je me rends compte que j’aurais de plus en plus de mal à manger de la chaire animale. Au-delà de ça, je me sens en cohérence avec moi-même et avec mes convictions. Je ne peux pas dire que cela durera toujours parce que je ne suis qu’au début du chemin, mais je vais tout faire pour en tout cas. Je mange encore du poisson. C’est triste à dire mais j’ai du mal à développer autant de sensibilité pour un saumon que pour une vache. Pour l’instant j’y réfléchis, je me questionne et je verrai ou cela me mène. Quoi qu’il arrive ce sera vers un arrêt définitif où au minimum, une consommation très exceptionnelle et responsable. Je fais confiance à ma petite voix intérieure pour me guider et me dire si cela me fait du bien ou non alors faites en de même tout simplement 😉

6 thoughts on “Ma vie sans viande

  1. Moi aussi je suis végétarienne depuis janvier, comme tu dis le principal est d’être en accord avec ses convictions ! Ça me semble une évidence aujourd’hui et pourtant ça a été un long cheminement. Mon livre référence : « Faut-il manger les animaux ?  » de Jonathan Safran Foer. ?

    1. Super Camille! ? Tu vois, on a toujours été faites pour s’entendre ? Merci pour la ref! Comme ça je pourrais continuer à me renseigner sur le sujet ?

  2. Cet article est très inspirant et fait beaucoup réfléchir.
    Un grand Bravo pour ta démarche et pour ta décision courageuse !
    Ps : je ne comprends pas que tu sois moins sensible envers les saumons ?

  3. Il faut écouter sa voix intérieure, c’est une bonne démarche, pour notre part avons changé notre alimentation depuis maintenant une dizaine d’années, en éliminant tous les produits transformés, et en diminuant notre consommation de viande de moitié.
    J’aime les plats végétariens lorsqu’ils sont goûteux et inventifs, j’ai des souvenirs inoubliables d’un voyage en Inde où nous avons mangé que végan, notre hôte était une cuisinière hors pair et à aucun moment la viande et le poisson nous ont manqué, c’était une expérience culinaire, des plus exquise.
    un curry végétarien accompagné de naan et de chapati reste un de mes plats préférés?

    1. Oui tout à fait. En fait c’est comme pour n’importe quel plat, si il est bien cuisiné, c’est délicieux. Avec ou sans viande ^^ Je trouve déjà super que comme vous, certaines personnes font l’effort de consommer moins et mieux 🙂 Je ne suis jamais allé en Inde mais votre description me met l’eau à la bouche!

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