Ma reconversion professionnelle

Suite à de nombreuses questions de votre part, j’ai décidé de vous proposer un article au sujet de ma reconversion professionnelle (qui est en court) ☺ Au gré de mes conversations avec certains d’entre vous et plus généralement dans mon entourage, j’ai pu remarquer que c’était une considération partagée par beaucoup de gens. 

Alors si vous y pensez sans vous l’avouer, sans oser ou si vous envisagez de vous lancer, voici quelques pistes qui pourront vous aider je l’espère même si chaque reconversion est spécifique et ne suis pas le même chemin.

Le déclic

On peut se retrouver dans la mauvaise voie pour pas mal de raisons. Pour ma part, ça a été avant tout à cause d’un manque de maturité. Je n’étais pas prête au moment où il aurait fallu l’être pour me lancer dans les études que je souhaitais suivre. La peur de l’échec, d’être loin de ma famille, m’ont menés vers ce que je pensais alors être la solution de facilité : des cours ou je n’avais pas besoin de trop m’impliquer, rester dans le lycée où j’avais passé mon bac, avec un cadre scolaire qui me rapprochait de ce que j’avais connu jusqu’alors et me permettait de ne pas fournir trop d’efforts…

Mais rester dans sa zone de « confort », ça ne marche qu’un temps. Après quelques années dans le monde professionnelle, je suis me rendue compte, qu’il n’y avait rien de plus compliqué pour moi que de travailler dans un domaine qui ne me plaisait pas du tout. La facilité mène rarement à l’accomplissement de soi et à la réussite 😅 Je savais déjà que je ne pourrais pas continuer comme ça ad vitam aeternam.

« La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur, chacun en détient la clé. »

 

Jacques Salomé

Le premier pas

J’ai donc travaillé 5 ans dans les ressources humaines pour finalement arriver au point de non-retour où c’était : faire une dépression ou prendre une décision. J’ai eu la chance d’obtenir une rupture conventionnelle par mon dernier poste. Soyons clair, je ne vous recommande pas de démissionner sans avoir un plan. Si vous êtes en poste, une rupture conventionnelle vous permet de toucher le chômage contrairement à la démission. Etant donné que je n’avais encore rien mis au point, je ne pouvais pas tout laisser tomber et faire une croix sur mes revenus. Si vous faites une reconversion en ne sachant pas réellement ce que vous voulez faire ensuite, votre décision doit être le fruit d’une introspection et d’une réflexion profonde, il faut prendre le temps d’analyser son passer professionnel, ses forces, ses faiblesses et se donner les moyens d’entreprendre. Pour cela, je pense qu’il ne faut pas être sous pression et avoir la tête prise par le job que vous voulez quitter ou par des soucis d’ordre financiers.

Le bilan de compétences

J’ai choisi de faire un bilan de compétences parce que même si j’avais des idées, il fallait que je fasse le tri entre les bonnes et les mauvaises. J’avais besoin que l’on me donne des outils pour structurer ma pensée. Sachez que pôle emploi propose un bilan de compétences gratuit via le CEP (conseil en évolution professionnelle, voir infos ici) . Je n’ai pas choisi cette option car elle demande plus d’autonomie. Vous n’avez pas de conseillé à proprement parler mais on vous met à disposition des outils en ligne.

J’ai fait appel à mon compte de formation pour financer un bilan dans une agence spécialisée. Le prix vari entre 1200€ et 1500€ et c’est à vous de sélectionner la structure qui vous convient. Vous l’avez compris c’est une démarche qui a un coût non négligeable et il faut aussi prendre en compte le fait que si vous utilisez tout ce que vous avez sur votre CPF, ce sera ça en moins pour financer votre formation (si elle est nécessaire).

Je vous avoue que j’ai démarré mon bilan en pensant que quelqu’un allait me mâcher tout le travail et me dire : voilà vous êtes faite pour ça, il faut aller la et je vais vous inscrire (encore mes mauvais réflexes de flemme totale 😅). Et bien ça n’a pas du tout été le cas. J’ai eu 18h de rendez-vous individuel sur 6 mois et bien plus de travail personnel. Ma conseillère m’a aidé à me poser les bonnes questions, à mettre en avant ce qui avait été positif dans mon parcours et ce que je ne voulais plus retrouver mais aussi à mettre le doigt sur ce qui m’intéressait ou me passionnait. Elle m’a enfin aiguillée sur les différentes formations possibles. Mais le reste, c’était à moi de le mettre en place par moi-même. Et à juste titre, le fait de vous bouger et de devoir vous débrouiller par vous-même pour trouver les bonnes infos fait partie de la démarche de reconversion. Cela vous montrera pour quel domaine vous êtes prêts à vous démener ou non! 

La décision

Au cours de mon bilan, j’ai pu faire ressortir 4 potentielles orientations professionnelles. A travers des recherches, des discutions avec des personnes travaillant dans ces domaines etc j’ai pu mettre de côté 3 options pour n’en garder qu’une seule. Ca a été une évidence et les idées que je n’ai pas sélectionnées ont été assez rapidement mises de côté. J’ai effectué des stages et fait des démarches de mon côté pour obtenir la formation qui m’intéressait (recherche de financement, dossiers de candidatures, auto-formation via notamment la création de mon blog). J’ai été tellement soulagée à ce moment-là d’avoir trouvé un projet qui m’enthousiasmait qu’aucune des démarches qui m’attendaient ne me faisait peur.

« Le plus difficile c’est de se décider à agir, le reste n’est que de la ténacité. »

 

Amélia Earhart

Les difficultés

Même en en ayant plus que marre de son travail, ce n’est pas facile du tout de prendre son courage à deux mains pour changer de vie. On se met en danger, on sort de sa zone de confort et on prend le risque de se tromper, de regretter, de rater. Tout ça il faut le prendre en compte, mais pas trop! Soyez déterminé et sur de vous, envisagez le meilleur et non le pire. 

Tout le monde ne sera malheureusement pas bienveillant avec vous. Tout au long de mes recherches, je me suis souvent heurtée à des gens qui n’avaient pas envie de m’aider. Mais il y en a heureusement beaucoup qui ont pris le temps de répondre à mes questions, de me donner des conseils, de me parler de leur expérience (merci beaucoup à eux ❤).

Vos démarches peuvent prendre du temps. Si comme moi vous souhaitez démarrer une formation, ce ne sera peut-être pas de suite et c’est parfois très long et démotivant de devoir attendre mais le jeu en vaut la chandelle!

La réorientation peut également engendrer des coûts importants alors n’hésitez pas à vous renseigner sur les financements de votre régions, les dispositifs qui sont à votre disposition bref tout ce que vous pouvez solliciter pour ne pas que ça vous coûte un bras!

Mes conseils

Dans l’idéal, ça aide beaucoup d’avoir un entourage qui vous soutient. Pas besoin d’une ola générale mais ce sera beaucoup plus facile si votre conjoint(e) vous encourage. Il y aura toujours des sceptiques autour de vous alors ne vous démontez pas à la première objection ou critique. Ce n’est pas à eux d’être convaincu mais à vous-même!

Donnez-vous les moyens de votre réussite! Les choses ne vous tomberont pas toutes cuites dans la bouche et il faudra vous investir à fond pour aboutir à un résultat. Ça ne fonctionnera pas si vous faites ça à moitié.

Ne reniez pas votre passé même si vous pensez avoir fait des erreurs. Utilisez le car tout ce que vous avez pu apprendre au cours de votre expérience professionnelle ultérieur vous sera utile y compris (et même surtout) vos erreurs. Je ne regrette pas du tout mes différentes expériences car elles m’ont appris beaucoup et j’y ai rencontré des gens formidables!

Acceptez de redémarrer du début. En règle générale vous n’aurez pas d’expérience à proprement parler dans la voie que vous aurez choisie alors mettez votre égaux de côté et acceptez d’être à nouveau débutant et maladroit 😋

Quoi qu’il en soit tout ça c’est une question d’envie. Si vous pensez à quelque chose sans jamais vous lancer, c’est que vous n’en avez pas vraiment envie ou que ce n’est pas le bon moment. Quand vous serez prêt (ou à bout), vous trouverez en vous les ressources nécessaires pour tout accomplir. La vie est trop courte pour se lever le matin la mort dans l’âme et compter les minutes à votre bureau. Il n’est jamais trop tard pour changer d’avis et changer de vie.

Je ne suis qu’au début de ma reconversion je ne peux donc pas vous parler de résultat à proprement parler mais une chose est sûr, je ne me suis jamais autant épanouie et je vais tout faire pour que ce projet aboutisse. Je referai un point avec vous si j’estime avoir davantage de choses à vous dire sur le sujet ☺

Ma vie sans viande

Il y a des décisions qui sont plus difficiles à prendre que d’autres. Parce qu’on ne sait pas par où commencer, parce qu’on pense que ce sera trop difficile, parce qu’on a peur des réactions des gens etc

Il y a quelques mois, j’ai acheté le livre d’Hugo Clément : « Comment j’ai arrêté de manger des animaux ». Je ne l’ai pas fait par hasard mais parce que ça faisait longtemps que j’essayais de me décider à arrêter de manger de la viande. Il y a bien des livres qui vous motivent à arrêter de fumer alors je me suis dit que celui-là m’aiderait peut-être à me lancer. Je savais que regarder une ou deux vidéos sur les abattoirs serait sûrement l’électrochoc dont j’avais besoin mais c’était au-dessus de mes forces. J’ai pensé que sous forme de description écrite, ce serait moins traumatisant.

 

Je précise que tout ceci reste mon avis et mon expérience personnelle. Elle est très récente et je n’ai pas de connaissances scientifiques dans le domaine de la nutrition.

Pourquoi devenir végétarien?

Il existe une multitude de raisons à ce choix et voici celles que j’ai pu identifier : 

  • Pour avoir un régime alimentaire plus sain. Des repas plus légers, plus diversifiés, une meilleure digestion, réduire son cholestérol etc
  • Dans un souci écologique. Entre autres effet néfaste sur l’environnement (sur l’eau, les forêts etc), l’industrie bovine est très polluante et la pêche intensive a de lourdes conséquences sur la santé des océans.
  • A cause de la souffrance animale. Inutile de vous rappeler les conditions d’élevage et d’abattage terrifiantes qui sont appliquées dans nos abattoirs.
  • Parce que l’on considère que les animaux sont intelligents et doués de sensibilité et que donc on ne veut pas les manger.

Toutes ces raisons ensemble forment un plaidoyer plus que recevable sur le sujet. Pourtant, elles ne suffisaient pas à me convaincre d’arrêter totalement la viande. 

Le débat intérieur

Je savais déjà tout cela depuis longtemps mais j’arrivais à discuter chacun de ces faits les rendant finalement et tristement insuffisants à une vraie prise de décision.

  • Je suis très (même trop) préoccupée par mon poids. Cet argument me parle mais ce n’est pas parce que je ne mangerai plus de viande que je ne consommerai plus de sucre ou de gras et plus d’alcool. Contrairement à une idée répandue, végétarien ne veux pas dire light. De plus, j’ai toujours défendu le fait qu’il faut manger de tout avec modération et les théories sur le fait que l’Homme serait à l’origine herbivore sont discutables.
  • Je suis bien sûr sensible à l’écologie. A mon échelle, j’essaye de changer mes comportements quotidiens pour avoir une attitude plus responsable vis-à-vis de la planète. Mais voilà, je suis loin mais alors très loin du 0 déchet et j’ai une voiture, je prends l’avion, etc etc etc. Et même si chaque geste compte et que ce n’est pas parce qu’ils ne seront pas suffisants individuellement qu’ils ne peuvent pas changer les choses collectivement, je ne me voyais pas invoquer cette raison auprès des autres et de moi-même.
  • La souffrance animale constituait pour moi l’un des arguments clés dans ma réflexion. Je me rappelle être tombée un jour par erreur, en cliquant sur un lien que j’avais reçu par mail, sur la vidéo de coyotes dépecés vivants pour leur fourrure. J’en ai eu des frissons et les larmes aux yeux pendant des années jusqu’à ce que j’arrive à effacer ces images de ma mémoire. Mais j’arrivais encore à mettre cela de côté en achetant pas de fourrure où plus largement, en me dirigeant vers des éleveurs « responsables » qui s’occupent de leurs bêtes avec amour et considération et leur offrent de bonnes conditions de vie.

Le déclic

Le livre d’Hugo Clément a été un déclic en ce sens. Il y parle beaucoup de l’intelligence et la sensibilité animale. Je connaissais celle des chiens car c’est le premier animal dont j’ai pu apprécier « l’humanité » depuis ma plus tendre enfance mais je pensais moins à celle des animaux que je mangeais. Et le fait est que je les aime tous. Les vaches, les cochons, les moutons et tous ces êtres qui se retrouvent dans nos assiettes. Je suis aussi attendrie par un chiot que par un agneau ou un veau. Je suis convaincu de l’intelligence et de la sensibilité de toutes ces espèces (alors que je suis loin d’être convaincue de celle de tous les Hommes…). Hugo Clément explique que pendant longtemps les chercheurs ont eu pour mot d’ordre de ne pas s’attarder sur l’étude de ces animaux d’élevage de peur d’éveiller les consciences. C’est donc très intéressant de prendre connaissance des conclusions de différentes études peu connues sur le sujet et qui sont étonnantes ! Elles prouvent que les cochons, les poulets, les moutons etc ne sont pas moins intelligent que nos compagnons à 4 pattes que nous chérissons tant. Au contraire, ils réussissent souvent dans des exercices ou le chien a échoué. Le résultat de ma réflexion a été le suivant : si je suis incapable de manger un chien ou un chat car je les considère comme intelligents et sensibles, pourquoi n’en est-il pas de même avec les autres ? Je me suis trouvée terriblement hypocrite de critiquer certaines populations qui mangent nos animaux « domestiques » comme si les autres méritaient moins qu’on s’en préoccupe. De me dire sensible à la cause animale dans son ensemble tout en omettant volontairement toute une partie d’entre eux. 

« L’Homme est le seul animal qui peut être l’ami de ses victimes jusqu’à ce qu’il les dévore ».

-Samuel Butler

Les difficultés

Beaucoup de gens n’osent pas se lancer par peur de la réaction de leur entourage. Je les comprends tout à fait. Ce n’est pas toujours facile « d’imposer » à sa famille une nouvelle restriction qu’ils devront prendre en compte s’ils vous invitent. Et puis nos aînés ne sont pas vraiment fans de ce mode de pensée. J’ai préféré n’en parler qu’aux personnes les plus tolérantes de mon entourage à savoir ma mère et ma sœur. Je savais que même si elles ne seraient pas ravies de la nouvelle, elles me comprendraient et me soutiendraient. Et pour les autres, vous verrez qu’ils se montreront souvent plus ouverts que ce que vous pensiez. De toute façon l’important est que c’est VOTRE choix et qu’il faut avant tout que vous soyez en accord avec vous-même et non avec les autres. J’ai même remarqué que certaines personnes sont des végétariens contrariés qui sont embêtés de manger des animaux et qui en argumentant en faveur du flexitarisme essayent plus de se convaincre eux que vous. Je n’essaye pas de les faire changer d’avis et je les écoute avec bienveillance car je trouve cette initiative déjà louable et je n’ai pas la prétention d’être militante pour la cause. 

« On est des prédateurs! »

Celui qui chasses les barquettes de steaks hachés au Monoprix

Je fais en sorte de m’adapter à tous les menus même si cela veut parfois dire ne manger que des accompagnements. Je ne veux pas exiger des autres qu’ils cuisinent plusieurs menus et j’estime que c’est à moi de prévoir si besoin. Si on me demande les raisons de mon choix, je les donne tout simplement comme je suis entrain de le faire dans cet article. Il y aura toujours des gens pour vous dire que vous allez avoir des carences, que nous sommes des êtres carnivores, qu’il faut manger de tout… si vous vous en sentez le courage et les ressources vous pourrez contrer leurs arguments et de toute façon ils se valent tous d’un côté comme de l’autre. L’important est avant tout que vous soyez intimement convaincu du bien fondé de votre démarche et c’est grâce à cela que vous ne serez pas hésitant ou découragé à la première réflexion.

Ce qui m’a le plus frappé de ma courte expérience de végétarienne débutante, c’est la réputation qui en découle. Pour beaucoup de gens, les végétariens sont des personnes tristes, ennuyeuses, moralisatrices, fades, qui ont mauvaise mine etc C’est totalement faux bien sûr mais attendez-vous tout de même à ce qu’on vous serve ce genre de clichés. Certaines personnes ont besoin de rabaisser et de ridiculiser les autres de manière excessive par manque de confiance en eux, laissez-les faire, ils se fatigueront tout seuls 😉

Le bilan

Pour le moment tout se passe bien et je trouve toujours des alternatives à la viande. Même si occasionnellement certaines odeurs me font envie, je me rends compte que j’aurais de plus en plus de mal à manger de la chaire animale. Au-delà de ça, je me sens en cohérence avec moi-même et avec mes convictions. Je ne peux pas dire que cela durera toujours parce que je ne suis qu’au début du chemin, mais je vais tout faire pour en tout cas. Je mange encore du poisson. C’est triste à dire mais j’ai du mal à développer autant de sensibilité pour un saumon que pour une vache. Pour l’instant j’y réfléchis, je me questionne et je verrai ou cela me mène. Quoi qu’il arrive ce sera vers un arrêt définitif où au minimum, une consommation très exceptionnelle et responsable. Je fais confiance à ma petite voix intérieure pour me guider et me dire si cela me fait du bien ou non alors faites en de même tout simplement 😉

La trentaine ou le premier jour du reste de ta vie

L’année dernière j’ai eu 30 ans.

Ma mère m’a toujours dit que c’était la période de sa vie qu’elle avait préférée et j’avais beaucoup de mal à la croire. J’étais une jeune fille très complexée, angoissée par l’avenir, qui avait du mal à sortir de l’enfance et qui se posait beaucoup de questions (une fille sereine quoi), je pensais alors qu’elle essayait de me rassurer en me disant que ça irait mieux plus tard…

Je n’arrivais pas du tout à envisager qu’on puisse se sentir mieux à 30 ans qu’à 20. Pour moi cet âge était synonyme de responsabilités, de premières rides, la fin de ma jeunesse, de mon insouciance. J’imaginais aussi que c’était une sorte de « deadline » à partir de laquelle je serai obligée d’être une femme accomplie qui a réalisé tous ses rêves et qui a enfin confiance en elle. Au lieu de cela et sans que je m’en rende vraiment compte, c’est au cours de l’année de mes 29 printemps que j’ai dû tout recommencer à 0…